Le futur peut-il s’écrire sans l’Intelligence Artificielle ?

L’Intelligence Artificielle (IA) se trouve de plus en plus présente dans notre quotidien. Elle prend doucement sa place dans le secteur médical, judiciaire et même artistique. Entre machine à fantasme et réalité, qu’elles sont les véritables possibilités de l’IA ? 


A l’origine d’une réflexion sur la technologie
C’est lors d’une conférence sur le campus de Dartmouth Collège en 1956, qu’un nouveau terme scientifique a fait son apparition. Les principaux objectifs pratiques pour cette nouvelle science était en tout cas posés : robots autonomes, compréhension et traduction de l’écrit et de l’oral, cybernétique, vision artificielle, modèle de prise de décision… Sur la base de ces travaux fut conçu entre 1964 et 1966, Eliza, le premier programme d’IA. L’objectif était de lui faire passer le test de Turing. Le test consiste à faire converser un humain avec l’interface et voir si l’humain sait faire la différence. Contre toute attente, plusieurs personnes ont vraiment cru interagir avec une personne. Il faut attendre les années 2000 pour voir l’essor de la technologie physique et d’internet.


Dans la tête de l’IA
L’IA pourrait se définir comme le déploiement de programmes informatiques visant à la réalisation d’actions plus performantes que celle d’une personne humaine. La structuration est basée sur le réseau de neurones humains. Il n’y a pas de neurones physiques. Juste des fonctions mathématiques/algorithmes positionnées comme des neurones dans le cerveau. Une structuration créant le deep learning ou apprentissage profond. Ces couches de neurones développent des capacités d’extraction, d’analyse et de classement de caractéristiques de données de plus en plus abstraites. Les Gafam (acronyme formé des initiales de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) investissent massivement dans ce secteur. On y constate des progrès fulgurants dans tous les domaines.


Le jeu comme défi à relever
En moins d’une décennie, les ordinateurs qui alors s’étaient contentés de se substituer à du matériel de bureau commencent à vouloir rivaliser avec le cerveau humain. Pour mettre à l’épreuve les algorithmes face à l’homme, on décide alors d’opposer un homme à une machine dans un jeu complexe : les échecs. Ainsi lors d’une revanche en 1997, Garry Kasparov perd face à Deep Blue. En 2017, l’équipe de recherche de Google a permis le développement d’Alpha Go Zéro. Une machine qui a appris à jouer toute seule aux échecs, au jeu de go et shogi. Durant la phase d’apprentissage, le réseau va essayer des millions de fois avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Ainsi la machine, après avoir appris de ces échecs, peut affronter les meilleurs dans plusieurs disciplines et devenir meilleur que l’Homme. Elle cherche par elle-même la meilleure stratégie à appliquer.


Des experts techniques au service du praticien
Watson santé, crée par IBM, est l’exemple le plus emblématique de l’outil pratique. Il a appris par rapport à un important corpus de connaissance médicale et propose au médecin un diagnostic ainsi qu’une aide à la décision. Plus elle possédera des savoirs et plus elle en développera. En imagerie médicale, l’IA examine avec plus de précision l’ensemble des images et analyse au fur et à mesure les changements, même les plus infimes. En janvier 2017, le programme Show and Tell, de Google, basé sur la classification d’images, a réussi à détecter 90% des taches bénignes sur la peau contre 76% pour les dermatologues interrogés sur 130 000 images analysées. Les spécialistes risquent de connaître des changements dans leur métier. Ils resteront décisionnaires de la décision finale et pourront ne pas prendre en compte les résultats proposés par la machine.


Les algorithmes de la Justice
Le code informatique et l’IA semblent pouvoir se substituer à l’expertise humaine dans certains cas de figure, pour l’instant. De nombreuses start-up développent des solutions pour rédiger des documents juridiques ou estimer la probabilité de succès d’un procès. En 2016, le cabinet américain BakerHostetler, se sert de l’IA Ross pour assister ses avocats en répondant à des questions sur la jurisprudence et en facilitant les recherches documentaires. Récemment en France, l’affaire Grégory, où un enfant tué en 1984 dont l’assassin n’a pas été retrouvé, a pu être réouverte grâce à l’IA Anacrim d’IBM. L’outil est capable de collecter, d’analyser et de visualiser un grand nombre de données disparates et faire des liens. Il a permis aux enquêteurs de dégager de nouvelles hypothèses de recherche et les a mis sur la piste des corbeaux éventuels. Des personnes ont été déférées au tribunal de Dijon.


De l’art au numérique
L’art n’est plus un domaine réservé à l’homme non plus. La société Aiva Technologies a conçu une application en 2016, Aiva, capable de créer des morceaux. Elle a même sorti son premier album, intitulé Genesis et devient ainsi la première IA à acquérir le statut de compositeur à la Sacem. On en rencontre également dans le milieu de l’humour. Piotr Mirowski et Kory Mathewson, chercheurs à l’université d’Alberta expérimentent A.L.Ex (Artificial Language Experiment), une IA capable d’interagir avec eux sur scène et de faire le public présent lors de festival. La machine doit apprendre à jouer avec les mots, les sens, les expressions… Une prouesse technologique qui pourrait ouvrir des voies dans d’autres secteurs. La peinture n’est pas en reste. En 2016, une nouvelle toile de Rembrandt est réalisée. Après une analyse de l’ensemble des toiles du maître, l’IA a proposé une œuvre qui a pu être réalisé avec une imprimante 3D, en respectant les coups de pinceaux de l’artiste.

Stephen Hawking (physicien britannique), Bill Gates (fondateur de Microsoft) et Elon Musk (milliardaire sud-africain – fondateur Space X) sont persuadés que l’IA mènera l’humanité à sa perte. Pourtant, elles sont déjà partout autour de nous. Seul l’avenir pourra nous dire s’ils ont raison ou tort.

Une réflexion sur « Le futur peut-il s’écrire sans l’Intelligence Artificielle ? »

  1. Un article bien complet ! J’avoue que je suis assez pessimiste sur l’IA aussi… J’ai trop souvent regardé I Robot et je ne vois pas vraiment l’intérêt de nous remplacer par des robots… Mais ce n’est que mon avis 😉

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